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Paris dit stop au coliving : quel avenir pour ce modèle dans le paysage immobilier ?

Le 8 octobre, la Mairie de Paris a officiellement annoncé le refus de tout nouveau projet de coliving, faisant de la capitale la première ville française à adopter une politique de « zéro coliving ». Portée par Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, cette décision a été validée par l'assemblée municipale. Déjà en juin, Ian Brossat avait évoqué ce sujet dans le cadre d'un projet de loi visant à pérenniser l'encadrement des loyers, soulignant les enjeux sociaux et réglementaires liés à ce mode d'habitat collaboratif. Cette décision soulève aujourd'hui une question majeure pour les professionnels de l'immobilier : quel avenir réserve-t-on au coliving dans le paysage immobilier ? Éléments d'analyse dans cet article.
Un modèle déjà dans le viseur des autorités en juin dernier
Cette prise de position s'inscrivait déjà dans une volonté de freiner ce qu'il considère comme une logique spéculative qui ne répond pas aux enjeux sociaux du logement à Paris. Malgré son attractivité liée à la flexibilité et aux services offerts, le coliving fait l'objet de critiques persistantes, notamment en raison de loyers souvent bien supérieurs aux normes du marché locatif traditionnel.
Des loyers au-dessus du marché qui interrogent les institutions
Au-delà des questions d'usage ou de transformation du bâti, c'est bien le positionnement tarifaire du coliving qui interroge de plus en plus les acteurs publics. Présenté comme une solution adaptée aux modes de vie urbains contemporains, mobilité, individualisation des parcours, recherche de services mutualisés, ce modèle n'en demeure pas moins peu accessible à une majorité de locataires, notamment les ménages modestes ou les familles.
Avec des loyers souvent élevés au regard des surfaces proposées, le coliving apparaît comme un produit résidentiel premium, plus proche du segment de l'hôtellerie longue durée que de la location classique.
Les plateformes spécialisées confirment cet écart : chez Cohabs, les loyers s'échelonnent de 1 000 à 1 200 euros par mois à Paris, tandis que Colonies affiche des tarifs compris entre 700 et 1 000 euros, en fonction des prestations incluses (ménage, mobilier, espaces partagés) et de la localisation. Des niveaux bien au-dessus des loyers de référence encadrés à Paris, qui alimentent les critiques sur un modèle jugé élitiste.
C'est dans ce contexte de tensions autour de l'accessibilité et de l'impact sur le marché locatif que la Ville de Paris a décidé de passer à l'action, en adoptant une ligne claire sur le développement du coliving.
Vers un encadrement strict voire un refus catégorique
Lors du Conseil de Paris du 8 octobre, la municipalité a pris une position claire : aucun nouveau projet de coliving ne sera désormais autorisé dans la capitale. Cette orientation vers une politique de « zéro coliving » s'explique par la volonté de mieux encadrer un modèle d'habitat jugé trop onéreux et susceptible de fragiliser l'offre de logements familiaux.
Selon Ian Brossat, ce mode d'habitat collaboratif, basé sur la location de chambres individuelles avec espaces partagés et services inclus est un moyen pour les promoteurs de contourner la réglementation en vigueur, tout en pratiquant des loyers « souvent excessifs ». Selon lui, ce modèle repose sur une logique spéculative de plus en plus marquée, qui participe à la pression sur le parc immobilier parisien.
La délibération prévoit ainsi que la Ville exprimera systématiquement son refus pour tout nouveau projet porté par des promoteurs ou opérateurs privés. Objectif affiché : freiner un développement considéré comme 'anarchique' et déconnecté des besoins sociaux.
Mais la stratégie de la municipalité ne s'arrête pas là. Un dispositif de contrôle va être mis en place pour évaluer les espaces de coliving déjà en fonctionnement. Barbara Gomes, adjointe à l'encadrement des loyers, s'appuie sur les chiffres de l'Institut Paris Région pour souligner l'ampleur du phénomène : 7 500 lits sont recensés en Île-de-France, dont près de 6 800 en cours de développement à Paris.
La décision de la Ville de Paris de mettre un frein net aux nouveaux projets de coliving reflète la tension croissante entre innovation résidentielle et enjeux sociaux majeurs. Si ce modèle séduit par sa flexibilité et ses services intégrés, il est désormais confronté à des critiques récurrentes portant sur ses loyers élevés et son impact sur la disponibilité de logements familiaux.
Pour les professionnels de l'immobilier, ce tournant réglementaire impose une réflexion urgente. Le coliving doit se réinventer dans un cadre plus strict, conciliant innovation, mixité sociale et accessibilité financière. L'enjeu est de taille : trouver un équilibre entre réponse aux nouveaux besoins résidentiels et respect des équilibres du marché, sous peine de voir ce modèle, pourtant porteur d'atouts, marginalisé.
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